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Le click&collect et après...

Nous constatons sur ces dernières semaines un déroulé d'offres de vente à emporter traditionnelles ou digitales naissant dans nos métiers de restaurateurs à table. C'est important car de nouveaux canaux se dessinent sur un marché qui se développe et qui je crois, sera d'avenir.

 

Mais, il est important de constater que ce n'est pas la solution magique qui répond à la crise sanitaire en effet il faut parler de la structuration de l'offre à la vue des propositions qui circulent sur tous les supports modernes et contemporains ces derniers jours.

 

Premier point et d'importance, le click&collect, ce n'est pas automatique et instantané, ça se sème et se cultive ! Donc, il faut l'anticiper hormis si nous choisissons de travailler avec les grandes "marques" du secteur qui augmenteront le trafic vers votre point de vente virtuel. Cela reste un choix quasiment philosophique et déontologique à la vue de notre patrimoine culinaire à l'instar des géants numériques des grands "A" pour le commerce.

 

Autre point aussi fort, la structuration de l'offre qui reprenant les premières remontées me semblent en décalage avec le marché. L'aspect "service de commodité" qui a rendu ses lettres de noblesse à la restauration rapide n'est pas forcement transposable avec nous, restaurateurs à table. Je vois passer des ventes en ligne dignes des plus beaux menus d'Escoffier. Notre client souhaite t'il ce type de prestation ? je me questionne. Le service de commodité implique la proposition de plats compatibles avec la vente à emporter, "surtout pas de frites pour moi, merci". D'autre part, le contenant est à réfléchir, ce qu'on appelle en langage marketé, le parckaging (Technique d'emballage qui soigne la présentation dans une perspective publicitaire) donne tout son sens dans ce cas de figure. Haro ! les emballages obsolètes "for example".

 

Un point supplémentaire à cette réflexion naissante, le tarif ! Peut-on facturer son client au même tarif que si l'on prenait le repas dans le restaurant service compris ou alors, j'ai loupé une étape. Le prix à emporter doit être toléré par la clientèle et comment justifier le montant d'une prestation égale que ce soit "à emporter" ou "sur place" ! Pratiques longtemps condamnées par la profession à l'époque des fastfoods qui impactaient le différentiel du taux de TVA sur les montant HT et qui simplifiaient la visibilité de la vente pour le consommateur que ce soit sur place ou à emporter. Alors, nous reproduisons le même mécanisme !

 

Et enfin, rapidement comme ça, ne doit-on pas imaginer d'autres formes de services qui se mettent en place progressivement plutôt que simplement vendre les produits qui ne correspondent pas forcement à la demande ?

Le click&collect est une formule d'avenir, c'est certain, en complément de l'activité "sur place" mais il doit être structuré, réfléchis et anticipé. Les canaux numériques venant en superposition et en accompagnement du service pour faciliter les échanges commerciaux mais surtout pas l'inverse !

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